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Compostelle - l'Aubrac (jour 4 à 6)

4ème jour (25/09/12)

Réveil à 7h, petit-déjeuner à 7h30, j'attends Antoine pour partir, il arrive vers 8h45 en boitant, et l'on part pour 14 km dans la journée en arrivant vers 15h à Aumont-aubrac. Journée très, très tranquille. J'avais décidé de finir en stop jusqu'à Pratviala (je voulais serrer au plus près de mon planning), finalement, je reste ici pour plusieurs raisons :

  • ça me fait mal de prendre une voiture mine de rien (si si, quand même),

  • le découpage des étapes se fait plus soft demain (28 km),

  • un jour de retard, ça passe (mon père doit me rejoindre à St Jean pied de port pour une semaine).

    Note du retour : attendez … disons départ à 9h, on a fait 14 km en 6h, je crois que c'est mon record de vitesse pour les 2 mois (quasiment du 2 km/heure) \o/

On (rerere)croise Marianne à l'épicerie qui nous propose de l'accompagner pour le diner, Antoine s'occupe du dessert, moi du fromage, je vois deux bouteilles de vin passer, la soirée devrait être bonne. J'apprends quelques instants plus tard que les yourtes qui étaient au camping de Pratviala ont été enlevées, le hasard fait bien les choses, c'est là où je devais aller.

La soirée sera excellente, un bon gueuleton, entre la soupe (mélange de deux paquets), les pâtes (il y en avait assez pour 10), le fromage, le pâté, le vin (on est passé à 3/4 bouteilles …). Franck nous a rejoint en début de soirée, il avait prévu de faire le trajet du Puy au cap Finisterre (Je pense que tu ne liras jamais ces lignes, mais j'espère que tu as trouvé ce que tu cherches (et ce que j'ai trouvé à ta place je pense).

17kg et 15 km par jour, sans oublier un budget serré, il lui faudrait environ (sortez votre calculatrice) :

Soit le problème suivant, le chemin de Compostelle fait, du Puy-en-Velay à Compostelle, environ 1600 km, combien de temps faudra-t-il à Franck pour arriver ?

Facile ? Voici la suite :

En tenant compte que Franck a subi un accident de moto, qu'il a des broches je-ne-sais-plus-où dans les jambes et que mine de rien, 17kg, c'est beaucoup, arrivera-t-il à Compostelle avec ses genoux ET ses épaules dans un état convenable ?

Ah ah ! On fait moins les malins là hein !

17 kg, c'est énorme, bien trop, le pire, c'est qu'il se demande ce qu'il peut enlever : sa tente (il commence à faire trop froid et il n'a pas le matériel qu'il faut), quelques livres (oui, il en a plusieurs …), le(s) savon(s), le shampoing, des habits, le gant de toilette ….

La soirée se finit tranquillement, on discute en mangeant, au final on aura été 8 autour de la table (Antoine (Fr), Marianne (suisse-allemande), Madline (autrichienne), Franck (Fr), Marienne (Fr), Philippe (Fr, malade) et Christina (autrichienne). Couché à 22h45 (c'est tard pour des pélerins ^_^).

5ème jour

Réveil à 6h30, c'est dur, les couettes tentent un kidnapping, j'arrive à esquiver et je me lève, je vois Philippe qui se lève en même temps que moi pour je ne sais quoi, c'est sympa de se dire que l'on n'est pas tout seul à se lever aussi tôt. Mais … que … l'enfoiré … il se remet au lit. Je vois la main d'Antoine tendue quand je passe, il tient parole, il est réveillé pour me dire au revoir, nos chemins se séparent ici, j'ai 27 km à faire aujourd'hui, et il ne pourra pas suivre avec son pied. Je descends rejoindre mes affaires que j'avais descendu la veille pour ne pas déranger les autres et j'attaque un petit déjeuner rapide.

Départ à l'aube, à l'heure où blanchit la campagne (j'étais obligé de la faire), et j'arrive à louper ce ###### de #### de chemin de terre. Je le retrouve 200 mètres en arrière et je suis rapidement rattrapé par Christina (de Vienne, donc). On va faire un bon morceau de route ensemble ce matin, en alternant anglais et français. On s'arrête « Chez Régine » (oui, c'est encore un bar ! Ce n'est pas de ma faute, il pleut, il y a du vent, et il n'y a que ça pour s'abriter), elle est aimable comme une porte de prison et refuse de faire du chocolat chaud pour une sombre histoire de four à micro-ondes et de peau de lait. En attendant, son café au lait est infect (tiédasse) vu que le lait est froid, et les 2 € 20 n'arrangent rien.

Pascal (que j'avais rencontré au Puy, suivez un peu) nous rejoint à ce moment là et nous continuons tout les trois.

L'Aubrac, mon amour.

Aubrac

Nous rentrons dans l'Aubrac, et là, miracle, mon sac à dos est soudainement parfaitement réglé, le temps est potable (comprendre nuageux mais sans pluie) et j'avale les kilomètres sans les voir.

Je craque au bout d'un moment, je rate trop de photos, le filtre de protection de mon reflex est fendu depuis le Sauvage, il a fait une chute de 30 cm sur le sol. J'enlève les morceaux de verre à l'opinel, le pas-de-vis du filtre est faussé, il faudra que je trouve un endroit où l'enlever.

Il faudra aussi que je pense à enlever les morceaux de verre de ma sacoche …

27 km, arrivé vers 15h environ, j'ai volé aujourd'hui. Le contre-coup arrive en traitre, j'hésite à tomber sur le canapé du gite ou à manger, je me rappelle que je n'ai mangé qu'un peu de taboulé aujourd'hui.

5ème jour

Vous connaissez les vaches de l'Aubrac ?

Grasse matinée ce matin jusqu'à 8h, petite étape de 18 km aujourd'hui, j'en profite pour accompagner Pascal sur quelques mètres en allant à l'épicerie, il quitte le chemin aujourd'hui : 32 kilomètres à pieds ou avoir un peu de chance et trouver une voiture. Il pleut toute la matinée, c'est la première journée où je porte ma polaire, mon softshell, ma cape de pluie, mon bonnet et mes gants, ça passe très bien, sauf quand les gants sont trempés.

Les vaches de l'Aubrac sont superbes, mais étrangement, j'ai tendance à les voir comme des raptors quand je dois passer à côté d'elles dans un enclos. Quand tu vois trois vaches comme celle-ci descendre en ligne vers toi dans le brouillard, tu te demandes dans quel film tu es arrivé (peut-être bien un remake de Black sheep ?).

Note du voyageur : il faut aussi savoir que la vache de l'Aubrac est TRÈS protectrice vis-à-vis de ses petits. Promis, tu regardes attentivement les longues cornes aiguisées avec minutie et les yeux où luisent une lueur sadique (bovine, certe, mais sadique tout de même) quand tu en croises une avec son veau T__T.

Pluie, pluie, pluie, pluie, pluie, pluie, pluie, pluie … j'attaque la deuxième paire de gants, je commence à sévèrement me geler.

Note du voyageur : vous n'avez plus de gants mais il vous reste des chaussettes ? Pas de problème, ça marche aussi !

Aubrac, enfin, je choppe le premier truc où je peux m'abriter (oh tiens, c'est un bar/restaurant, zut alors …), et je tombe sur à peu près tous les marcheurs que j'ai croisé la veille. Potage au cantal et Darjeeling Himalaya.

J'arrive à Saint-Chély un peu plus tard. On se retrouve à 8 autour de la table (Christian et Madline, Jean (Québec), Patrick et sa femme qui font 15 km/jour en se faisant porter leurs bagages), Marie-françoise et Marguerite.

Note du voyageur : le choix de se faire porter ses bagages tient à chacun, si vous avez des problèmes de santé, d'âge, d'articulations, ou si vous avez juste pas envie de porter un « gros » sac, c'est une alternative intéressante, mais attention : vous ne pourrez pas vous arrêter là où vous voulez, votre sac vous attendra à un endroit précis, et lui ne peut pas marcher.

Un belge (dont je ne sais plus le nom) vient nous avertir gentiment qu'il ronfle avant d'aller dormir. Merci…

chaussures et radiateurs

6ème jour

Levé à 6h35, préparation du sac, et direction le café du coin prévu depuis la veille avec Jean (qui est déjà là) et Christina (qui arrive peu de temps après). Nous repartons en décalé pour 22 km. Je croise de temps en temps d'autres pélerins, je m'arrête à l'Estrade (perdu, ce n'est pas un bar :D) où des habitants ont eu la magnifique, que dis-je, la merveilleuse idée de mettre à disposition des pélerins du thé, du café, du jus d'orange et des biscuits.

Je continue tranquillement, je rencontre Patrick et Marylène avec qui je marche jusqu'à Saint Côme d'Olt. Je pars après le déjeuner et je vois deux ### de ### de ########## de serpents en marchant. Christina est déjà arrivée, Jean arrivera un peu plus tard, on a une chambre chacun, et tout pour le petit-déjeuner sans avoir à payer : la basse-saison a du bon \o/

Je profite d'être à Espalion pour acheter des semelles (j'ai un peu mal aux pieds …) et trouver un magasin de photo pour mon filtre.

Note du voyageur-photographe : le gérant du magasin enlevera le filtre à la tenaille, en incisant le pas-de-vis (DU FILTRE ! PAS de l'objectif, malheureux !) puis en le tordant délicatement vers l'intérieur pour le « sortir » de celui de l'objectif. Il fallait y penser, mais il faut surtout oser le faire.

Note du client : je m'étais juré de l'écrire, si vous allez à Espalion et que vous avez besoin de matériel, N'ALLEZ PAS à la boutique Halt'Pélerin, il y a deux magasins de matériel, il faut aller à l'autre (« HéMon Sport » normalement) ! C'est la première fois qu'un vendeur me fait essayer sa marchandise directement (et pas sur du matos de test), qui te laisse le temps de choisir, d'essayer, de changer et qui redécoupe la semelle à la bonne taille sans aucun problème… <3

La machine à laver et la sécheuse sont des inventions (très) utiles, surtout dans le coin, mon pantalon de l'Aubrac vient de retrouver sa couleur !

Note du retour : je vous conseille grandement de prendre un pantalon de pluie, avec une cape de pluie c'est juste parfait pour marcher.

Note du retour et de fin de partie : en arrivant à Aubrac, il y a un monument où l'on peut lire ceci : « Dans l'Aubrac, il n'y a rien. Il y a donc tout. »

C'est tellement vrai …

Compostelle - l'Aubrac (jour 4 à 6)
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